Un peu d’histoire

Riche des exploits liés à l’aéronautique, l’histoire du Bourget est aussi marquée par chacune des grandes ères de l’histoire de France, qui ont façonné la ville telle que nous la connaissons aujourd’hui. Des origines de la ville jusqu’au développement de l’aéronautique, tour d’horizon de l’histoire qui se cache derrière ce nom bien connu.


L’époque Gallo-Romaine : les origines du nom Le Bourget

JPEG - 90.7 ko

Au bord d’un petit plateau constituant l’entrée de la riche plaine dite de la Vieille France, grenier à blé de la Lutèce, coulait un ruisseau aujourd’hui invisible : la Molette.

Dès l’époque gallo-romaine, un chemin fortement fréquenté dans l’axe nord-sud croisait cette rivière sur l’emplacement actuel du Bourget. Cavaliers et rouliers s’arrêtaient pour abreuver leurs bêtes et se reposer. C’est ainsi qu’une petite agglomération de paysans et d’aubergistes se développa sur ce terrain.

La première apparition du nom du Bourget remonte ainsi à 1134 en tant que « Bourgeel » ou « Burgellum », déformation latine de « burgus », le bourg. Le nom du Bourget, orthographié tel que nous le connaissons aujourd’hui date du 16e siècle.

Le Moyen-Âge

JPEG - 99.2 ko

Au cours du Moyen-âge, Le Bourget est un village agricole encore éloigné de la capitale mais relié à cette dernière par la Route des Flandres, aujourd’hui avenue de la Division Leclerc. On y compte alors une léproserie, située dans la rue Anizan Cavillon, alors à l’extérieur du village.

Comme pour l’ensemble du royaume, Le Bourget connut une misère noire au cours de la Guerre de Cent ans et fut victime de nombreux pillages au point que Charles V, dit le Sage (1338-1380), consent à exempter le village de fournir sa part de denrées et de fourrages au Palais Royal. En 1364 et 1376, le Roi prend deux actes confirmant la vocation du « Bourgeel » à être un village de culture et une étape importante sur la route des provinces du nord.

JPEG - 99.8 ko

A la fin du 15e siècle, la création d’un relais de poste, à côté de l’église, confirme la position stratégique du Bourget, entre Paris et le Nord de la France.

Jusqu’en 1700, le village était sous l’obédience des châtelains du Blanc-Mesnil. Mais à la mort de la dernière héritière, Mademoiselle de Blanc-Mesnil, Le Bourget décida d’autorité d’accéder à l’autonomie administrative et de se séparer de la tutelle de la paroisse de Dugny.

Au cours du même siècle, Louis XV, grand chasseur, y fait aménager un pavillon de chasse, celui-là même que Charles-Emile Paris acquit en 1867 pour y fonder sa cristallerie émaillerie.

C’est enfin sous la révolution française que se déroule l’élection de la première municipalité, en 1790.

JPEG - 106.9 ko

JPEG - 113.2 ko

Révolution industrielle et guerre franco-prussienne

JPEG - 98.7 ko

Un siècle plus tard, en 1870, Le Bourget compte 850 habitants. Avec l’arrivée de la révolution industrielle, le village se développe avec une fabrique de toiles cirées, une distillerie et la cristallerie de Charles-Emile Paris. Cette même année, Le Bourget est le théâtre d’affrontements majeurs contre les Prussiens. Le Commandant Brasseur et ses troupes défendent la ville dans l’église Saint Nicolas « jusqu’à la dernière cartouche ». L’église est presque entièrement détruite et sera reconstruite à l’identitque.

Le Commandant Baroche trouvera lui aussi la mort. Une plaque commémorative à son nom est fixé à l’angle de la Poste actuelle (angle Edouard Vaillant-Division Leclerc), et une rue a été baptisée à son nom à proximité du lieu où il fut tué.

Le monument aux Morts de 1870, le cimetière et la chapelle témoignent des pertes importantes pour la ville à cette époque.

JPEG - 86.6 ko

JPEG - 86.5 ko

20e siècle : une ville liée à l’histoire aéronautique

JPEG - 76.7 ko

Dans la mémoire commune, Le Bourget est intimement lié à l’aviation. Certaines des plus belles pages de l’histoire de l’aviation française et internationale se sont écrites sur l’aéroport du Bourget. L’épopée aéronautique commence en 1914 lorsque le Général Gallieni, gouverneur militaire de Paris, est chargé de la défense aérienne de la capitale. Au début de la guerre, on compte 14 avions au Bourget et plus de 110 en 1918.

L’infrastructure aéronautique étant en place, les premiers vols commerciaux commencent dès 1919, d’abord vers Lille et quelques mois plus tard vers Londres, Bruxelles et Amsterdam. Le 8 mai 1927, Nungesseur et Coli s’envolent à bord de l’Oiseau Blanc, en direction de New York mais n’atteindront jamais leur destination.

JPEG - 78.3 ko

Quelques jours plus tard, le 22 mai, Charles Lindbergh fait une arrivée triomphale au Bourget après un vol de 33h27 à bord du Spirit of Saint Louis. C’est également sur l’aéroport du Bourget que se posera, en 1929, un avion de type Bernard 191 appelé Oiseau Canari. A bord de cet avion, un équipage venait de réaliser la première traversée française de l’Atlantique.

Au cours de la Seconde Guerre Mondiale, les Allemands prennent possession de l’aéroport et l’agrandissent considérablement. Le 16 août 1943, les forces américaines bombardent les pistes mais la base aérienne reste occupée jusqu’à sa libération par la 2e D.B. le 28 août 1944. Un jour plus tôt, la ville du Bourget était elle aussi libérée de l’occupation le 27 août.

JPEG - 78.3 ko

Après la guerre, le service postal et commercial reprend et en 1952, l’aéroport d’Orly ouvre ses portes, suivi par Roissy en 1973. Parallèlement, en 1953 le Salon de l’Aéronautique quitte définitivement le Grand Palais de Paris pour Le Bourget. Le Salon de 1955 sera celui de la Caravelle, 1969 celui du Concorde, 2005 celui de l’A380.

Dès 1975, le Musée de l’Air et de l’Espace ouvre ses portes au public dans les espaces libérés par les compagnies aériennes et en 1977, la disparition du trafic commercial exige une mutation de l’aéroport dans l’aviation d’affaires.

Aujourd’hui, l’aéroport du Bourget, est le premier aéroport d’affaires d’Europe.